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Tu vas rire...

  Sous le sapin, elle avait glissé deux carnets, dont un petit Moleskine à page noir. C'est comme ça les amies, les paquets sont tout petits, et pourtant, ils font mouche !

Puis elle a demandé : "Tu as des stylos blanc ?"

Tu penses... Bien sur que j'ai des stylo blanc. Puis blanc sur noir, c'est tellement facile, je trouve. Le dessin se fait tout seul. Même un trait tout con perdu dans un coin de page pourrait donner quelque chose de sympa. Et moi qui tripote plus mes pinces que mes stylos en ce moment, le petit format allié à l'extra-ordinaire de ce petit carnet m'a redonné du cœur au gribouillage. 

C'est comme ça avec les amies, les objets semblent anodins mais il remettent dans le droit chemin. 

Au soir, je me suis retrouvée seule, dans ce grand canapé, à coté du feu, la nuque un peu tiraillée par la fatigue, mais plongée dans une alternance de pointillés. Elle m'a bien dit d'aller me coucher pour me réparer un peu, j'ai répondu : "je ne peux pas, il faut que je termine". Et c'était vrai. Je ne sais pas laisser un dessin en berne. C'est différent pour les grands tableaux, ils souffrent moins de l'élan qui s'émousse quand la vie m'appelle ailleurs. Dans les carnets, c'est une autre histoire, ça parle d'un moment, d'un contexte, il faut que ça s'achève en même temps que le présent qui l'accompagne. 

Et puis, c'était un moment pour moi, seule, dans le silence de cette grande maison. `

C'était le premier Noël où je choisissait vraiment l'endroit où je voulais être. Ça n'empêche pas les fantômes et les stigmates que peuvent chatouiller ces fameuses fêtes de fin d'année. Mais c'est un bon début pour commencer à écrire une légende un peu différente que celle offerte par ma généalogie.
 
C'est cette notion de choix qui me travaille depuis des mois et que, petit à petit, je met en place dans un quotidien chargé.

Me voilà trentenaire, finie cette foutu vingtaine et ses interminables remous. Au matin de mon anniversaire, mon fils me disait :

"- Maman, tu as quel age déjà ?
 - J'ai 30 ans aujourd'hui !
 - Ouah, tu as de la chance.
 - Ah oui ? Pourquoi ?
 - Parce que, c'est comme ça... Et tu es fière d'être une Maman ?
 - Non, je suis fière d'être votre Maman !"

Et c'est vrai, moi qui ne rêvait pas d'être mère, je suis fière d'être devenue celle de mes enfants. Et c'est à moi aujourd'hui de leur apprendre la joie, le plus possible. C'est ici que tout devient une question de choix.

Je ne vous souhaite pas du bonheur pour cette nouvelle année, le bonheur est compliqué, mais de la joie et des rires, c'est bien plus simple à trouver, à vivre, à cultiver et c'est le début de tout !

Chante ton conte beau merle.


Le vent souffle et cogne la façade. Il s'engouffre par la fenêtre laissée ouverte, emportant dans ces volutes ces milliards de poussières invisibles si le soleil ne se mêle pas à l'affaire.

Cette fenêtre que je ne ferme qu'au petit matin lorsque les oiseaux décident de saluer l'arrivée du jour. C'est drôle comme ce bruit de fond agréable durant la journée peut être assourdissant au petit matin. 
Ce sont les seuls bruits dont je souffre. Parfois la voiture d'un voisin passe. Parfois un avion dans l'azur.

Et le bruissement soutenu des feuilles coiffées par le vent.

Le soleil s'est posé, imparable, franc et sur de lui. J'ai commencé à lui barrer le passage pour garder un peu de fraîcheur dans la maison. Il semble alors se venger sur la jardin qu'il inonde sans réserves.
Et au soir, quand il part se cacher derrière la montagne, juste derrière la maison, ce sont des litres d'eau qu'il faut abattre sur nos plantations pour espérer qu'elles résistent au lendemain.

J'ai eu tellement de choses à dire et a démêler ces derniers mois, ces dernieres semaines, ces derniers jours, que je me retrouve moi aussi, balayée par le vent, assommée par la soleil. Et silencieuse.

Je laisse les livres dire pour moi. Il défilent au pied de ma couche comme des amants passagers. Et je n'ai plus peur de les répudiés si leur caresse ne me sied guère. Un autre prendra si facilement la place.

J'ai recommencé à croquer des femmes aussi. Les posées sur des papiers et travailler leurs traits. Elle n'attendaient que ça la garces. Trop longtemps délaissées peut-être, les voilà qui s'agglutines à mes crayons et poussent pour sortir. Parfois en vrac. L'émotion n'est pas passée en entier. Il n'y a plus qu'a recommencer.

Fait peu habituel et pour le moins troublant, j'ai du temps pour moi. Pour moi seule, sans enfants, sans mari. C'est un temps qui s'impose à moi et je me sent fine bouche de ne pas savoir apprécier pleinement cette carence. Mais je me sent condamnée à ne jamais choisir réellement la cadence adoptée. Alors aujourd'hui je suis seule parce que je n'ai pas le choix, et j'ai du temps car je ne peux pas faire autrement.

Je ne dois pas être une bonne cliente au lâcher-prise et à toutes ces recettes que les gourous du développement personnel égrainent de toute part. Moi, je ne suis que moi, humaine imparfaite et paradoxale.

Et pour l'instant, j’apprends, en laissant le vent s'engouffrer par la fenêtre ouverte, balayant sur son passage des milliards de poussières invisibles si le soleil ne se mêle pas à l'affaire !

...

Acrylique sur papier -  Les naïves d'été #1 -  2017- 24x32cm - 80€.

Ils vécurent heureux et eurent quelques petits problèmes de communication.

   Hier, je recevais sur mon portable le message coléreux d'une amie, qui, je ne sais comment, s'est aperçu que son compagnon (majeur et indépendant depuis de longues années déjà) fumait en cachette. Je répondais par un trait d'humour, heurtée par la question pénible : comportons-nous à ce point en mère pour que nos amoureux finissent inlassablement par nous considérer comme telles ?

Parce-que, voyez-vous, à la rigueur, je crois que NOUS (oui, je passe en mode porte parole des femmes fatiguées) n'en avons rien à branler du cancer égoïste qui nous laissera veuves dans le cas présent. Ce qui nous importe et nous insupporte, c'est la partie "en cachette". Soudain, nous passons de la femme à la sorcière qui bride une existence qui n'est pas la sienne, à dada sur son balais de femme d'intérieur.

Oui, l'impression d'être cataloguée mégère d'office, juste parce que nous vivons aux cotés d'un homme. Homme sur lequel, pourtant, nous n'avons aucun pouvoir. Mégère donc, et de fait, notre chère et tendre moitié se met en tête de nous fantasmer un caractère explosif. Donc, on dissimule pour éviter l'affrontement rageur avec madame... Alors que ce qui fait enrager madame c'est de se voir dissimuler des choses, qui justement n'auraient pas à l'être. Et comme, qui peut le plus, peut le moins, ou inversement, la petite machine de l'imagination se met en route comme un vélo bien huilé, et soudain, on se demande quel genre d'informations sont encore cachées si quelque chose d'insignifiant est tût... Crime, compte bancaires au caïman, enfant illégitime, dogue, maitresse en tout genre, implants capillaires, scientologie, poster de Justin Bieber ? On peut partir loin, et vite !

Ah le couple, ce mystère séculaire, cette institution enracinée... Quel merdier. 

En une galipette, je vais vous emmener dans la suite de mes pensées. Avec une autre amie, nous parlions de parité, de modèle de couple, d'attentes réelles et de relations fantasmées. Et voilà où j'en suis arrivée:

Je ne sais pas si je me comporte comme une mère avec mon amoureux. Par la force des choses, sans doute un peu. Mais de toute évidence, je déteste ça, et le rôle, qu'involontairement il me donne et que j’accepte (POURQUOI???) d'endosser. Ce que je sais en revanche, c'est que lui, a un exemple de mère, et de femme au sein du couple. Et c'est là que ça se corse. Parce que même si mon bonhomme est un bon bougre, aidant et volontaire, par rapport au couple parental dont il est issu, c'est, à n'en pas douter, une sorte de super héro de la parité. Et si j'ouvre un peu l’œil dans les maisons que je fréquente, je peux même me vanter d'avoir un keum qui assure grave.

On en vient à mon modèle premier, et c'est la que ça part un peu en sucette. On m'a souvent posé la question de savoir ce que ça faisait d'avoir des parents séparés. Disons que pour moi c'est de naissance, autant dire que c'est inné et que, n'ayant rien connu d'autre, je n'ai pas vraiment de point de comparaison tangible. Dans ce "rien d'autre", j'ai grandis au contact de deux parents célibataires, s'assumant l'un et l'autre et assumant leur enfants, leur maison, leur vie, en solitaire. Partant de là, mon bonhomme n'est plus du tout un super héro de la parité. C'est même un gros handicapé de la vie à deux (la faute au modèle patriarcal hein !). Parce que je ne vois pas mes parents comme des Mac Gyver de la vie quotidienne, loin de là. J'ai laissé toute idéalisation au placard pour les tenter de les appréhender comme ils sont. Mais ce qu'ils ont laissés dans mon éducation, c'est une absence totale de nécessité vis à vis du couple. Être avec quelqu'un pour seulement être avec quelqu'un me semble inutile, le lit vide ne m’effraie pas (à moi la diagonaaaaale), j'aime beaucoup le silence, la solitude est loin de l'aspect phobique qu'on lui prête bien souvent. 

Donc le couple, loin d'être une recherche et une volonté suprême est devenue une simple histoire de personne, une simple histoire d'évidence, une "simple" histoire d'amour. Avec cet amour, j'ai découvert bon nombre de choses, mais aussi les affres de la vie quotidienne et ce que chacun est prêt à mettre dedans. Donc me voilà bloquée entre la réalité de modèles qui traversent les génération, quoi qu'on veuille en dire, et ce que je connais de moi... Puis de lui. Ça pourrait pourtant être assez simple dès le départ, car en l'absence de modèle j'ai tout à construire. On pourrait même risquer de dire que je perçoit l'autre comme autre, et non pas comme continuité de moi-même ou moitié de ma petite personne. Donc dans autre, j’entends aussi caractère distinct, envies différentes, façon de pensée propre etc. Bref, il n'est pas moi, je ne suis pas lui, à nous de trouver notre équilibre avec tout ça. Comme on le fait souvent si bien avec nos relations amicales.

Mais alors pourquoi, pourquoi, POURQUOI tombons nous dans ces pièges bâtards et chronophages qui nous poussent à ce genre de comportements stupides, puériles, inutiles ??? On ment, on cache, on arrange, on exige, on soumet, on délègue, on déconne... On se contorsionne pour trouver le comportement que l'on pense que l'autre appréciera. On tente ainsi d'être de bien piètres médiums, et finalement la seule chose prévisible, c'est la stérilité blessante de ces efforts inutiles.

Puis quand l'histoire d'amour devient une histoire de famille, les modèles et raccourcis sont encore plus délicats à éviter. Mais il est clair que ce que je fais pour mes enfants n'est pas applicable à la personne qui marche à mes cotés, pour la bonne et simple raison qu'elle n'est plus un enfant justement, et que c'était au départ un critère de sélection pour former le couple que je vis aujourd'hui. Je n'admire pas ces femmes qui considère leur mari avec douceur comme le deuxième, troisième ou quatrième enfant de la famille. Je n'admire pas non plus les maris dans cette position. Je me demande où est l’intérêt, pour le couple, pour les enfants réels, pour les deux partis ? A chaque tranche de vie son rôle, à chaque rôle sa tranche de vie.

Et puis voilà, on peut dire autant qu'on le souhaite à nos fils qu'il faut travailler la parité dans la vie de couple, de famille et toutes les autres vies, rien ne vaut l'exemple qu'ils ont sous les yeux. Et c'est peut-être là que la bas blesse. On pourra dire autant qu'on veut à nos petits hommes en devenir qu'ils doivent passer l'aspirateur et donner la purée à bébé, rien ne vaut ce qu'on leur donne à voir, l'exemple premier, celui qu'on encre dans leur mémoire comme les plus beaux contes qu'on lit chaque soirs à leur chevet. 

Les contes des sorcières, des marâtres et des furies en tout genre...

Bref, c'est quand qu'on parle la même langue ? Parce que la parité, c'est un concept aussi tangible que le père-Noël à mes yeux, mais le respect de l'autre dans son individualité et la compréhension qu'on peut tenter de mettre en place, ça je trouve que c'est une bonne option. Non ? Il y a un monde entre être à deux et s'apporter soutiens, entraide et pistes de réflexion et être à deux pour infantiliser, donner la becquée et materner quelqu'un qui n'a plus à l'être depuis belle lurette.

Et puis, à sa planquer derrière un rideau, on prend quand même le risque d'avoir les pieds qui dépassent.

La danseuse invisible.



Il suffit parfois de changements infimes pour bousculer l'ordinaire. La place d'un meuble. La couleur d'un mur. L'espace désuet entre deux éléments.

Désuet, mais ô combien signifiant. C'est cet espace qui crée la différence. C'est sur lui que se tournent et se retournent les pensées. C'est sur lui que se repose l'imaginaire.

J'admire la constance immobile de certains lieux. Chez-moi, tout semble voué au mouvement. C'est aussi une façon de ne jamais être au même endroit peut-être ?

Il suffit d'une intonation qui chavire, pic, puis revient, pour changer une phrase. N'abordons même pas le sens des mots. Laissons là le sens des maux.

C'est le trait d'un visage qui se plisse, chagrine ou réchauffe une expression. Ce mouvement microscopique qui fait naître l'interprétation sauvage de nos fantasmes.

C'est toutes les phrases que l'on invente entre les mots de celui qui parle. Ce sont celles que l'on construit quand l'autre se tait alors. Elles naissent peut-être simplement de notre envie, de notre besoin. On est parfois bien peu de choses face au silence. 

Et ce silence, notre tête ne pourrait nous l'accorder. Mais il n'en est rien. Quand le verbe se tait, commence le théâtre des pensées. Quel que soit le décors, la pièce semble sans fin. Les tiroirs ne cessent de s'ouvrir. Les rebondissement sont monnaie courante. 

Aucun moyen de faire taire ce vacarme. C'est une condamnation comme une autre.

Où vont-elle toutes ses pensées ? 

Car voilà, si on y pense justement, la pensée n'est pas le fait. Mais bien appuyée, elle y ressemble pourtant comme deux gouttes d'eau. 

Poussez votre armoire, un rien vers la droite, et persuadez-vous que tout ira mieux en ne cessant de ruminer à quel point ce changement conditionne votre vie. Qu'adviendra-t-il ? Comment se créent finalement les vérités qui nous enserrent ?

Il suffit parfois de peu de choses. Il suffit souvent de peu de choses. Elles sont là, invisibles et pourtant si réelles. Tourbillonnantes, valseuses, danseuses endiablées. Elles sont la somme de tout. Une histoire d'histoire, une affaire de contexte, une question de personne. Elles sont indénombrables, bordéliques, aléatoires, obsédantes, sottes, brillantes, tendres, drôles, douloureuses, castratrices, intelligentes, redondantes... 

Il suffit parfois de peu de choses. La résonnance étrange d'un détail qui fait venir sur le devant de la scène la pensée qui résoud tout. La solution à l'impossible équation qui nous étouffait depuis des semaine.

Il suffit parfois de savoir écouter UNE seule pensée et de laisser passer toutes les autres sans les retenir plus que de raison. Valser soudain avec cette cavalière unique. La danseuse invisible qui marque la fin de cette pièce rocambolesque qu'on s'était créée, un jour, naïvement, en pensant que ça n'aurais plus d'importance dans l'instant d'après, dans le meuble qu'on déplace, dans le mur qu'on repeint, dans l'espace désuet qui sépare deux éléments.



Maman les petits bateau qui vont sur l'eau ont-ils des jambes ?



 Donc, si on résume pour les lecteurs vaporeux : Nous avons, une famille de 4 marginaux en devenir, un rafiot habitable et des envies d'autres choses qui trainaient un peu partout. Et la semaine dernière, nous avions terminé sur des questions d'ordre très pratiques, à savoir, comment ça se passe pour le pain quotidien et la culturisation des mioches ?

La première chose qui a rendu plus que possible l'amorce de ce rêve commun, c'est qu'un des 4 membres de la famille à mis fin à un bon gros CDD de dix ans. J'ai nommé, mon amoureux de mari qui après avoir bossé comme un bourrin pendant une décennie, a décidé de mettre fin à la torture et s'arrêter, le temps de profiter des enfants tout petits et d'envisager ce qu'il voudrait faire vraiment quand il sera grand.

Bien sur, c'est un peu flippant, parce que soudain plus rien, puis tout en même temps. D'un papa absent de 7h à 20h, nous voilà avec un papa à la maison à temps complet qui se remet doucement des conséquences d'un travail stressant et très prenant.

Partant de là, plus de contraintes de lieu de ce coté-là étant donné que je travaille d'où je veux à condition de faire suivre pinces et crayons !

Restait l'école.

Bon... Beh... Là on rentre dans le vif du sujet. L'école n'a jamais été une évidence pour moi, pour nous, pour lui... L'instruction en revanche a toujours été au centre de mes préoccupations éducatives, et bien que je reconnaisse quelques vertus à cette vieille institution, je dois dire que j'ai hésité un bon moment avant de prendre rendez-vous pour la première inscription de notre petit.

Cela dit, nous sommes bien tombés et j'ai adoré la maitresse qui a accompagné les débuts de Noé sur les bancs de l'éducation nationale.
Seulement voilà, Noé, le groupe, la vie en communauté tout ça, ce n'est pas exactement son truc. C'est quelque chose de bon a savoir.

Et cette année, passé le premier jour, les choses ont été assez claires : "maman, c'est bon j'y ai été hier, maintenant je ne veux plus y aller".
Je pensais que ça passerait assez vite, moyennant l'acclimatation à la nouvelle classe et le deuil des deux mois de vacances en liberté totale... Mais non. Matin et midi, la même phrase revenait comme une ritournelle peu agréable qui à fini de m'aider a prendre ma décision.

Je crois honnêtement que même sans projets de voyage, Noé n'aurait pas fini l'année en classe. J'ai toujours eu dans un coin de ma tête l'idée et l'envie de faire l'école à la maison. Je trouve cette option très vivante pour les enfants, bien plus adaptée et adaptative au rythme de chacun et tellement plus vivante au fond. Moyennant qu'on ne laisse pas son môme devant Gulli 5 heures par jour. Mais vu qu'à la maison la télé n'est pas branchée, y'avait pas grand risque de ce coté-là.

Et puis, on pourrait parler des méthodes aussi. Je suis contente de voir que de plus en plus de gens se penchent sur le développement chimique du cerveau de l'enfant et donc sur les capacités d'apprentissage de ce dernier à différents âges. On a quand même toutes les cartes en mains pour bien faire et on préfère rester dans une sorte d'inertie confortable... Soit, mais pas pour moi.

Pourquoi ne l'avoir pas fait plus tôt ? Peut-être parce qu'il faut s'en sentir capable et que certaines périodes de la vie sont trop tumultueuses pour prendre en charge une responsabilité pareille.

Et puis voilà, on avait surtout envie de profiter vraiment de nos gamins et d'envisager le meilleur (selon nous et avec nos moyens) pour eux.

Alors la décision s'est prise, toute seule, comme ça, portée par la vie nouvelle qui s'ouvrait devant nous.

L'école à la maison, des boulots à distance, un moyen de locomotion adéquat et hop, le projet de faire un voyage tout tranquille autour de la Méditerranée, de port en port, de pays en pays, d'envies en découvertes.

Depuis, nous avons annoncé aux maitresses que, et oui et oui l'école est finie. Depuis, j'ai laissé passer les vacances pour bûcher intelligemment et entrevoir ce que j'allais devoir apprendre à mon fils que je ne fais déjà. Depuis, je me suis inscrites à une formation Montessori pour deux semaines en février. Et ma curiosité ne cesse de me projeter à cette date. C'est la méthode que je trouve la plus en accord avec l'enfant, et je me dis que par mauvais temps, cet enseignement me servira de phare pour ne pas perdre le cap.

Depuis, Noé retrouve son rire que je trouvais maigre ces derniers temps, presque inexistants. Pour moi, il n'y a pas de baromètres plus précis que ces éclats de joie. Depuis, je trouve que mon fils n'est plus stressé et agressif.

 Depuis, je me prépare à l'avalanche de questions que nos choix soulèvent et aux jugements que se permettent et se permettrons tout un chacun. On bouleverse un peu les codes là quand même.

Depuis, il y a quelque chose qui est en train de muer et ça ressemble de près comme de loin à un équilibre joyeux.

Allez, je vous laisse, j'ai école, à la maison. Et ça change tout... En mieux !

T'as de l'eau dans l'oreille non ?



 Il y a beaucoup de choses que j'aime observer chez les gens. Je parle ici des activités que peuvent avoir les humains qui m'entourent. 
Cette réflexion m'est venue d'instants partagés avec une amie. Au cours de ces moments, elle s'est concentrée tour à tour sur des mots fléchés, puis sur un puzzle... Et de là, s'est réactivé dans ma tête le plaisir de voir les gens plongés dans leur monde, dans leur activité, dans une activité. 

J'aime beaucoup voir les gens lire. Je ne les observe jamais longtemps pour ne pas troubler l'intimité de leur imaginaire, mais j'aime beaucoup les lecteurs. Même ceux des "livres faciles" qu'on croise sur les plages. A l'époque où j'empruntais régulièrement le train, j'adorais surprendre les gestes des autres usagés plongés dans leurs ouvrages respectifs. J'aime la posture initiale du lecteur. Mais aussi l'absence affichée de celui ou celle qui se perd dans l'ouvrage, oubliant tout ou presque au profit des mots. Je ne retrouve pas cette dignité chez tous ces yeux vissés à leur smartphone où autre tablettes. La lecture pure est dure possède vraiment son masque attitré.

J'aime voir les gens écrire. Là aussi, c'est une affaire intime, de la courbe fluide au bâton hésitant, de la calligraphie soignée aux pâtes de mouches assumées, la formation des lettres, des mots, la manière d'occuper l'espace qu'offre la page ma fascine est dit beaucoup sur la personne qui tient la plume.

En revanche je n'aime pas tant voir les gens dessiner. Hormis le gribouillis en marge lors d'un cours pesant où les entrelas griffonnés en accompagnement d'un coup de téléphone, voir des gens dessiner pour de vrai m'impressionne beaucoup. J'ai toujours peur de leur voler malgré moi leur technique par imprégnation involontaire.

En revanche, j'aime voir les gens cuisiner, rien à faire de tchourer des recettes... Mais dans ce domaine, j'aime observer le geste précis des gens qui maitrisent leur sujet. Bon d'accord, je n'ai pas tous les jours des chefs sous les yeux, mais il se trouve que dans ma courte vie j'ai quand même eu l'occasion de passer en coulisse plus d'une fois et d'avoir des amis cuistot, qui sortis de leur boulot prennent encore plaisir à imaginer et déguiser du quotidien.

J'aime plus que tout voir les gens parler. Je sais aussi à quel point ça peut être gênant, mais le mouvement et les torsions d'une bouche au travail me fascine. L'acte de parler lui-même est incroyable à mes yeux (et mes oreilles). Quel que soit le sujet où la personne, j'aime voir et entendre ce que les gens peuvent faire de l'acte de communication. Ça, c'est probablement une déformation qui découle de ma vraie vie, mais avant ça, je me souviens de l’intérêt que je portait à la bouche de ma mère (bonsoir Freud, ça va ?) lorsqu'elle me lisait "petit arbre". Et la recherche étrange de l'inversion labiale, quand, la tête à l'envers la mâchoire inférieur devient, le temps d'une illusion, la mâchoire supérieure en une distorsion monstrueuse (Freud, tu es toujours là ?).

Depuis quelques années, je me suis mise a observer les gens avec leurs enfants. C'est ici un sujet délicat, une intimité primaire qui en dit beaucoup sur les deux parties. Je ne peux pas dire que j'aime à tous les coups, ils sont même rares les parents qui retiennent vraiment mon attention, mais c'est un fait, j'aime observer ça.

J'aime voir les femmes prendre soin d'elles. Pénétrer l'intimité d'une salle de bain le temps d'un rituel beauté est assez fabuleux.

J'aime voir les gens travailler. Alors bien sur, mention spéciale peut être faite aux artisans qui façonnent et imaginent, aux passionnées et aux créatifs, mais même dans les bureaux, à la banque, à la caisse du supermarché, j'aime voir la gestuelle maitrisée de quelqu'un qui travail. 

J'aime voir les gens rire. J'adore assister à d’incontrôlables fous-rires qui bien souvent sont contagieux.

Au delà de tous ces détails, je crois que ce qui lie tout ça, c'est le plaisir de voir le monde qui m'entoure avec curiosité et pas mal de bienveillance je crois. J'aime moi aussi me perdre dans un livre en certains lieux d'attente, mais j'aime aussi ne rien avoir d'autre à faire que d'observer ce qui se passe autour de moi. Sans y déceler un quelconque voyeurisme, je dirais plus que c'est une façon de vivre pleinement l'instant qui s'offre à moi. Je laisse d'ailleurs volontiers mon portable dans mon sac quand je suis en public. Car si ces petites bêtes sont des ouvertures géniales sur le monde, elle sont aussi des portes qu'on ferme sans y faire attention à tout ce qui nous entoure directement. 

La liste est longue des choses que j'aime. J'aurais pu aussi vous faire un descriptif rapide de mes plaisirs estivaux en citant par exemple le doux mal de terre quand je repose les pieds sur la plage après avoir nagé 20 minutes dans le roulis des vagues. L'hilarité enfantine de saisir la vague au bon moment et de la sentir rouler sous mon ventre où celui de ma planche. Le gout du sel sur mes lèvres. Le frisson délicieux causé par la rencontre de la fraicheur du corps mouillé et de la chaleur douce du sable sous les pieds. Les kilomètres à vélo, le corps en coton après une matinée de plage avec la promesse d'un repas réparateur au bout du chemin. L’œil limpide et les crinières bouclées de mes enfants séchés par le sel, le sable et le soleil. Le picotement du sel séché dans le dos à l'heure de remettre son tee-shirt. La sensation délicate de la peau qui se détend quand on se glisse sous la douche pour se dessaler (ici on dit s'adoucer) et le glissement du sable sur les chevilles comme des chaussettes qu'on retire délicatement. Les fins de journées au manège à regarder les bateaux quitter ou rejoindre le port. L'odeur de la marée basse. Les sucreries qui trainent toujours dans les placards de mon père quand il sait que nous venons. Le ronron des soirées camping aux alentours et les souvenirs des rires avec mon frère quand nous dormions, fenêtre ouverte, dans nos lits superposés. L'odeur des marrés tout près tout près, croisement de vase, d'iode et de tamaris. Le goût de la petits sardine fraîchement pêchée, juste grillée. Le bleu des yeux de mon amoureux qui changent de teinte quand on s'approche de l'océan et l'odeur de sa barbe quand il revient, au matin , d'être allé surfer : mélange de wax, de fraîcheur et d'eau salée. la goutte d'eau qui enfin s'échappe de l'oreille qu'elle obstruait depuis des heures quand la tête se pose sur l'oreiller...

Oui, j'aurais pu dire tout ça. Juste pour partager de la douceur, beaucoup de douceur. Parce que c'est surtout ça la vie non ?



Oh beh chat alors...

Samedi matin, dans le ballet du quotidien, j'ouvre ma porte pour laisser sortir le chien et entrer le chat. Gymnastique matinale : l'un s'élance vers les odeurs de la nuit, l'autre revient d'un folle chasse au mulot.

La lenteur du trait.


 J'ai toujours pris le temps de dessiner. Puis j'ai toujours scrupuleusement sélectionné ce que je voulais bien montrer et ce qui reste terré dans des carnets.

Roulez jeunesse !


Toujours le même trajet, mais au fil des saisons, le paysage mû et m'émeut. Peut-être aussi parce que, maintenant, je prend le temps d'en observer les détails. Où non, c'est peut-être simplement que je m'accorde le droit à l'émotion primaire face à la beauté simple.

On vous parfume madame ?



Depuis quelque temps, les odeurs me fascinent. En vrai, mon pif et ses sensations ont toujours eu une place privilégiée dans mon parcours.

Maman.




 Ça à commencé par une vibration. Quelque chose d'infime au fond de ma poche, comme une légère brise sur le dos d'un lac.

Le regard des autres #2.


Bientôt, le printemps va revenir et on aura peine à croire qu'un hiver est passé par la.

Aime-toi, ça s'ra déjà ça !


J'avais envie... De dessiner, de gribouiller, de sortir des idées et des postures que j'avais en tête, sans m'enfermer dans un thème, sans préparer une exposition.

Les Femmes, les Femmes, les Femmes... au rapport !



Voilà une belle et grande page qui se tourne ! Ne s'attendre à rien est finalement une belle façon de se laisser surprendre.

Je dérive.


 Tadaaaaam... Vous en rêviez (allez laissez moi fantasmer ma vie un peu) Marlau l'a fait !

Ouuuuuuh, être une feeeeemme...


Je n'avais pas peint une toile depuis... Le lycée, oui, c'est ça. J'avais fait un portrait de ma meilleure amie de l'époque, quelque chose de très académique, dans un noir et blanc tranché. Le tout pour un obscur projet d'art plastique.